Aménagements du récif artificiel du Porto à Mimizan

Sar commun Un récif artificiel est constitué d’un assemblage de matériaux divers, sans nuisance pour l’environnement, dont l’implantation en mer favorise la reconstitution du biotope marin.

Ces aménagements des fonds marins littoraux constituent des zones de refuge et de reproduction pour différentes espèces marines. Les récifs sont d’abord colonisés par des éponges, des anémones de mer et des vers tubicoles, qui finissent d’en consolider les bases. Puis d’autres invertébrés s’installent ainsi que des végétaux. Les récifs attirent ensuite nombre d’arthropodes et de poissons, devenant alors un écosystème biodiversifié.

Leur utilité économique est double : le maintien ou le retour de stocks pour la pêche professionnelle et le développement du tourisme (plongée et pêche de loisir).

A noter qu’il existe également d’autres types de récifs artificiels destinés à limiter l’énergie marine (houle et courant) et à restreindre l’érosion des côtes mais que nous n’évoquerons pas dans ce dossier.

Le récif artificiel du Porto à Mimizan, premier récif artificiel implanté sur la côte atlantique

Depuis plusieurs années, l’ADREMCA? travaille à la réintroduction des espèces marines au large de Mimizan. C’est en 1990 que l’ADREMCA a implanté le premier récif artificiel de la côte atlantique en Aquitaine. Sur la côte landaise au large de Mimizan, le récif du Porto, dont les premières structures étaient formées de pneus, repose par 25 mètres de fond. En 2000, des structures de buses en béton sont venues remplacer les pneus qui disparaissaient trop rapidement sous une couche de concrétions et débris animaux. En 2002, 14 modules en béton ont été placés et une barge de transport, « le Porto », a été construite afin d’assurer des immersions régulières.

Les actions de l’ADREMCA se poursuivent chaque année afin d’accroître le volume du récif en immergeant des éléments en série, d’améliorer l’expérimentation scientifique par des plongées plus régulières, des photos, des films, des prélèvements, des essais d’implantation d’algues…

Mais, d’ores et déjà, ce secteur voit, depuis plusieurs années, la vie végétale et animale marine s’installer progressivement. Des observations de suivi confirment le très fort développement de la colonisation et une stabilité de l’écosystème constitué. De nouvelles espèces apparaissent sur ou dans les structures, montrant ainsi une évolution qui se poursuit encore à l’heure actuelle (gobies, lieux jaunes, soles).

Le financement du programme du récif du Porto est réparti entre Le Conseil Régional d’Aquitaine, Le Conseil Général des Landes et l’ADREMCA.

Un nouveau type d’aménagement du littoral initié par le Japon

Les Japonais ont été les premiers à avoir utilisé la technique des récifs artificiels dès le XVIIe siècle. Aujourd’hui, les pouvoirs publics japonais subventionnent des entreprises de récifs artificiels, véritable activité économique, : 12% du plateau continental est aménagé.

Aux Etats-Unis, les aménagements en récifs artificiels sont également très importants et la recherche scientifique y est active. Les objectifs des immersions ont une vocation récréative (pêche de loisir, sites de plongée …).

En France, la première expérience remonte à 1968 en Méditerranée où 400 m3 de récifs furent immergés au large de Palavas. A partir de 1985, 33 000 m3 de récifs ont été immergés dans la région du Languedoc-Roussillon (14 000 m3), dans le département des Bouches-du-Rhône (3 600 m3), et dans celui des Alpes Maritimes (15 000 m3).

Les récifs artificiels en Aquitaine : restauration de l’écosystème et revitalisation économique au large des Landes

Le bar Les principales espèces menacées sur la côte aquitaine sont la sole, le bar et la daurade. Le constat est régulièrement établi par les marins pêcheurs . Les prélèvements sur les stocks de poissons mais aussi d’autres phénomènes (climatologiques, pollution,…) ont progressivement perturbé le cycle de reproduction de nombreuses espèces et entraîné une certaine « désertification » du Golfe de Gascogne.

Le congre L’implantation de récifs artificiels peut représenter une alternative rapide, efficace et peu coûteuse pour faire face à une situation d’urgence, en favorisant la fixation et l’installation de communautés animales.

Ce constat est à l’origine d’un mouvement de sensibilisation qui s’est organisé en associations afin de mener des actions de sauvegarde de la faune et de la flore littorales : l’Association de Défense, de Recherche et d’Etudes Marines de la Côte Aquitaine (ADREMCA) et l’association Aquitaine Landes Récifs (ALR?) oeuvrent dans ce sens.

Aménagement de 3 récifs artificiels à Capbreton, Vieux-Boucau et Moliets

Buses en béton

  • L’association Aquitaine Landes Récifs (ALR, http://alr40.free.fr/index800.html), créée en 1998, a pour objet l’aménagement et la gestion de récifs artificiels sur le littoral aquitain dans un double intérêt :
    • protéger la faune et la flore,
    • développer des éco-activités (tourisme de pêche, plongée, production de moules, d’huîtres …).
      Elle a pour cela obtenu des financements de l’Europe, de la Région Aquitaine, du Département des Landes, et des communes, et travaille en collaboration avec les acteurs locaux de la pêche et de la plaisance.
  • L’aménagement de 3 récifs artificiels :
    La maîtrise d’ouvrage a été confiée au SIVOM Côte Sud (Hossegor, Capbreton Labenne et Seignosse) depuis 1999.
    Ces 3 sites d’immersion, de 800 m3 chacun, sont répartis sur 3 zones distinctes d’environ 16 hectares chacune, toutes sur fonds de sable et par une profondeur de près de 20 mètres : Buses -** à Capbreton, en août/septembre 1999, 800 buses en béton, d’environ 1 m3 chacune ont été immergées en 3 groupes individualisés d’environ 400 m2 chacun.
    Trois ans après, le peuplement était déjà spectaculaire.
    • à Souston - Vieux Boucau, en 2001 et 2002, 800 m3 de buses ont été réparties en sept empilements.
    • à Messanges - Moliets, en mai/juin 2002, sept nouveaux groupes de modules, représentant 800 m3, ont été immergés.
      Ces trois sites ont été sélectionnés pour diverses raisons :
    • Cette portion de la côte landaise est soumise à des courants de dérive littorale vers le sud et à l’action des houles. Pour ces raisons, l’implantation de récifs artificiels favorise la fixation et l’installation de communautés animales, amenées par les courants du Golfe de Gascogne.
    • des configurations locales favorables : possibilité d’accès aux sites par le port de Capbreton, leur faible pente qui favorise l’accrochage des récifs et une granulométrie limitant l’enfoncement des récifs.
  • Un suivi scientifique et technique innovant :
    L’objectif initial d’immersion et de protection peut désormais évoluer vers l’estimation plus précise des populations marines et vers une évaluation de l’intérêt économique des récifs en collaboration étroite avec les pêcheurs et producteurs.

Mais les contraintes liées à la plongée (conditions météorologiques et visibilité aléatoires, évitement du plongeur par certaines espèces, plongées ponctuelles, etc.) ne permettent pas d’aborder l’évaluation quantitative de la faune des récifs.

Les plongées de l’ALR sont espacées et ne peuvent suivre le repeuplement du récifs à un rythme suffisant : ce type de suivi par plongées périodiques n’est pas adapté aux variations d’abondance liées au rythme saisonnier de beaucoup d’espèces.

Seiche A partir de ce constat, le suivi de la richesse halieutique des récifs artificiels a été confié à l’IFREMER?.

Le site pilote de Vieux Boucau a été choisi pour la mise en place d’équipements acoustiques afin de suivre, en toutes conditions, la fréquentation du récif. L’utilisation d’une station fixe équipée de capteurs sonars captant, en continu, la présence de la faune sur le récif doit permettre de s’affranchir des contraintes inhérentes à la plongée et de recueillir des données précieuses pour les scientifiques.

Ce projet, dont le financement est réparti entre L’Europe, le Conseil Régional d’Aquitaine, Le Conseil Général des Landes et l’IFREMER, est découpé en deux phases 2004 et 2005 : la première est centrée sur le développement technologique et la mise en opération de la station fixe autonome sur le site ; la deuxième phase est consacrée à l’acquisition et au traitement de données permettant de faire évoluer la connaissance scientifique du récif.