Le réchauffement climatique en Aquitaine ?

Les changements climatiques globaux observés depuis plusieurs années ne sont pas sans avoir des répercussions sur les zones côtières. Les littoraux, déjà fragilisés, subissent de « plein fouet » les effets de la remontée du niveau des eaux et de l’augmentation des températures.

Les futurs contrats de projet Etat-Région et les programmes communautaires feront de la lutte contre les changements climatiques et l’adaptation à ses effets un point fort.

L’Observatoire de la Côte Aquitaine prévoit, dans cette nouvelle rubrique dédiée au climat aquitain, d’aborder :

  • d’une part, les données générales portant sur l’état de la question et les observations quant au réchauffement climat que sur le littoral aquitain
  • d’autre part, la prévention des risques naturels (érosion et submersion)

Etat de la question et observations sur le littoral aquitain

Carte inondation Medoc Les données climatiques mondiales témoignent du réchauffement global actuel du climat (sans affirmer, en l’état des connaissances, l’idée d’une inéluctable montée des températures).

Pour les zones côtières, les principales conséquences, actuellement observées et avérées, sont (GIEC? : Groupement International d’Experts sur le Climat , 2001) :

  • la remontée du niveau marin induite essentiellement par la dilatation thermique des océans ainsi que, selon certaines observations, par la fonte des calottes glaciaires,
  • l’augmentation globale des températures

Le GIEC prévoit une agmentation des températures qui oscillent, selon les scénarii, entre 1,5 et 6 degrés Celsius pour la fin du XXIe siècle ainsi qu’une remontée du niveau des eaux de l’ordre de 44 cm/ 100 ans (GIEC, 2001).

L’utilisation de modèles climatiques, prenant en compte l’augmentation du niveau des eaux et celle des températures atmosphériques, conclut à l’accroissement de la fréquence des évènements climatiques extrêmes (tels que les tempêtes) et des dérives climatiques et océaniques (Gulf Stream). Mais, il existe cependant, à l’heure actuelle, des incertitudes sur la quantification de l’augmentation de la fréquence des tempêtes et sur la part réellement jouée par l’Homme.

Les effets du réchauffement climatique sur les côtes sont variables selon la morphologie du littoral et les aménagements de protection existants.

Les études européennes menées sur les variations du niveau de la mer en rapport avec le réchauffement du climat montrent que les « zones les plus fragiles » face à une remontée du niveau des eaux sont celles dont l’altitude est inférieure à 5 mètres par rapport au niveau moyen de la mer (rapport LIFE-97 ENV/UK/000510).

Quelles conséquences du réchauffement pour le littoral aquitain ?

Le littoral aquitain est un exemple représentatif des côtes en érosion de par sa morphologie et ses caractéristiques géologiques (240 km de côte quasi-rectiligne, majoritairement sableuse, soumise aux houles océaniques et aux vents dominants d’Ouest, et en érosion chronique sous l’effet d’un déficit d’apports de sédiments par les fleuves côtiers).

Si ce phénomène se confirmait, le réchauffement climatique pourrait induire 2 effets principaux sur le littoral aquitain :

  1. La remontée du niveau des eaux avec l’inondation des terrains de faible altitude par rapport au niveau de la mer :
    • les marais de l’Estuaire de la Gironde (déjà inondés lors de la tempête de 1999)
    • les zones de basse altitude non endiguées (zones inférieures à 5 mètres par rapport au niveau moyen de la mer)
    • les zones de basse altitude déjà endiguées avec risques de rupture (N-E du Bassin d’Arcachon)
  2. une augmentation de la fréquence et de la force des vagues (tempêtes) et des houles entraînant une érosion accrue du littoral et une éventuelle destruction des ouvrages de défense (Cf. rubrique Le littoral aquitain, sous rubriques La côte sableuse et La côte rocheuse basque pour des données sur l’érosion du littoral aquitain)
    • L’érosion du littoral aquitain reste un sujet de préoccupation majeur.
    • Le littoral sableux connaît une augmentation du recul depuis les trente dernières années (Manaud et al, 2001 ; Aubié et al, 2005), essentiellement dans le Médoc. A l’opposé, certaines zones du littoral montrent une avancée.
    • Le littoral rocheux aquitain montre un recul moyen de 30 cm/an entre 1829 et 2000 avec des maxima estimés à 80 cm/an (données BRGM?).

En conclusion…

Il est fortement probable que le réchauffement climatique actuellement observé (mais dont la pérennité et les effets sont encore à confirmer et quantifier) pourrait avoir des impacts sur le littoral aquitain. Il pourrait accélérer un recul de la côte engendré par l’érosion, inexorable et réellement préoccupant dans certaines zones comme en Nord Médoc.

Cependant, le littoral aquitain reste, pour une large part, assez faiblement urbanisé. La préservation de vastes espaces naturels permet de maintenir, pour les côtes sableuses, les mécanismes naturels d’érosion et de dépôts des sables constituant une barrière naturelle amovible de protection (ce qui n’est pas le cas pour les côtes rocheuses).