Nouvelle campagne de datation des dunes aquitaines

Les dunes boisées d’Aquitaine font l’objet depuis quelques années d’études scientifiques initiées par des laboratoires aquitains (Jean-Pierre TASTET, UMR? 5805 EPOC? Université Bordeaux I) en collaboration avec un laboratoire britannique (Michèle CLARKE, Université de Nottingham, Royaume Uni).

L’objectif de cette étude est, d’une part, de compléter la chronologie de mise en place des dunes en Aquitaine, et d’autre part, d’améliorer les connaissances sur les changements climatiques des derniers millénaires.

Des prélèvements de sables sont effectués sur les faces au vent et sous le vent des dunes en vue de dater les périodes au cours desquelles elles se déplaçaient librement sous l’action du vent et le moment où elles se sont arrêtées.

Rappelons que les dernières dunes mobiles n’ont été artificiellement fixées, par plantation d’une forêt de pins maritimes, que depuis 1801 suite à un décret pris par le premier Consul Bonaparte.

En janvier 2007, une nouvelle campagne de prélèvements a été réalisée. Les échantillons récoltés vont être analysés à Nottingham par la technique de la Luminescence Infrarouge Stimulée afin de préciser les périodes de déplacement des dunes côtières et de certaines dunes présentes sur le Sable des Landes dans l’arrière-pays (Pontonx, Cazalis par exemple).

Contact :

Jean-Pierre TASTET, Université Bordeaux I, 33405 Talence Cedex,

Quelques explications sur la technique de la Luminescence Infrarouge Stimulée

La technique de la datation par Luminescence Infrarouge Stimulée va dater la période depuis laquelle les grains de sable prélevés n’ont pas vu la lumière du jour, c’est-à-dire la date de leur dernière exposition à la lumière.

Particulièrement efficace conernant les « environnements éoliens », la datation par Luminescence Infrarouge Stimulée (IRSL) a déjà été appliquée avec succés aux sables quartzeux des dunes aquitaines.

Les grains (de quartz et de feldspath) enfouis dans un corps de sédiment sont soumis à la radioactivité naturelle des dépôts.

Cette radioactivité développe dans les minéraux une « luminescence potentielle » dont l’importance est fonction de l’intensité de la radioactivité naturelle et du temps pendant lequel elle a été appliquée (temps d’enfouissement).

Ce « signal de luminescence » acquis par les grains peut-être ré-émis lors de leur exposition à une « lumière excitatrice ».

Le principe de la méthode consiste donc à prélever un échantillon de sable dunaire à l’abri de la lumière et à mesurer sur le terrain la radioactivité naturelle.

En laboratoire, le signal de luminescence est libéré par « excitation lumineuse » et son intensité mesurée.

La connaissance du « signal de luminescence acquis » et de la radioactivité qui l’a induit (mesurée sur le terrain) permet de calculer le temps pendant lequel le grain minéral a reçu cette radioactivité sans être exposé à la lumiére du jour.

Cette méthode, appliquée aux sables enfouis sur la face « sous le vent » des dunes, permet de préciser depuis quand ces dernières ont été immobilisées.

Présentation des sites échantillonés :

Les sites échantillonnés en janvier dernier sont repérés sur la carte suivante :

Carte aquitaine

Les résultats précédents ont montré un déplacement libre des sables sur l’ Aquitaine au cours des épisodes froids et ventés de la période sombre médiévale (de l’an 500 à 1000) et du Petit Age Glaciaire (de l’an 1350 à l’an 1850 environ) (voir article « Les Dunes Côtières d’Aquitaine » dans la rubrique « Les Grands Traits », rubrique « Le Littoral aquitain »).

Les résultats de cette nouvelle campagne de datation compléteront la chronologie de mise en place des dunes en Aquitaine et amélioreront les connaissances sur les changements climatiques des derniers millénaires.