Questions à Virginie Lafon, chargée d’étude « Télédétection Optique » à Géo-Transfert

L’ Observatoire de la Côte Aquitaine tient à remercier Viginie Lafon, chargée d’étude Télédétection Optique à Géo-Transfert, pour avoir accepté de répondre à nos questions.

Qui est GEO-Transfert ?

GEO-Transfert est l’une des cellules de transfert de technologie d’Aquitaine animées par l’Association pour le Développement de l’Enseignement et de la Recherche en Aquitaine (ADERA). Notre équipe, constituée de 4 permanents, participe à la valorisation des recherches menées par son laboratoire d’adossement, l’OASU-UMR? EPOC? (Environnements et Paléoenvironnements Océaniques) 5805 de l’Université Bordeaux 1, et propose des services de surveillance de l’environnement dans les domaines de la qualité des eaux, de l’hydrodynamique, de la dynamique sédimentaire et des écosystèmes. La télédétection est l’un des outils de surveillance que nous développons et valorisons auprès des gestionnaires du littoral .

Mesures de terrain dans le cadre du projet DDUST
Mesures de terrain dans le cadre du projet DDUST

Quels sont les projets actuellement développés par GEO-Transfert en termes d’observation et de mesure par télédétection du littoral aquitain ?

Nous menons une activité diversifiée, depuis la participation à des projets de recherche et de recherche et développement, jusqu’à des études et expertises.

En recherche fondamentale, les images satellites sont particulièrement utiles pour comprendre l’évolution d’un site, même très vaste, dans le temps. Ainsi, nous participons au nouveau projet de surveillance de l’île Nouvelle en Gironde. L’île Nouvelle présente d’importantes transformations morphologiques depuis que la rupture d’une digue au nord de l’île lors de la tempête Xynthia. Dans le même ordre d’idée, nous avons exploité plusieurs années d’images du panache de la Gironde pour préciser ses orientations et extensions spatiales afin d’identifier l’impact des forçages hydrodynamiques sur les flux sortant de matières à l’océan.

Dans le cadre des projets SYNIHAL (http://littoral.aquitaine.fr/Programme-SYNIHAL et STELLA-THR (Cartographie et suivi des changements dans l’occupation des surfaces des systèmes aquatiques et terrestres sur le site atelier aquitain), financés par le CNES (Centre national d’études spatiales), nous développons des méthodes de cartographie de l’environnement du Bassin d’Arcachon et de la couverture sédimentaire et végétale des dunes littorales. Nous nous attachons à distinguer des indicateurs de l’état du milieu : les herbiers à zostères dans la lagune, ainsi que certaines espèces invasives, le trait de côte , l’implantation de la végétation arbustive sur les dunes littorales.

Nous sommes également étroitement impliqués dans trois projets de Recherche et Développement : INFOLITTORAL-1, financé par le Fond Unique Interministériel et coordonné par la société Astrium, et les projets BALIST (projet de bathymétrie littorale) et DDUST (projet de cartographie opérationnelle des dunes littorales) financés par le Conseil Régional Aquitain dans le cadre d’un appel d’offre Interreg SUDOE (Programme d’Initiative Communautaire inter-régions Sud-ouest européen) piloté par le Pôle de compétitivité Aerospace Valley. Ces projets visent à développer des applications opérationnelles de la télédétection pour la surveillance du littoral . Dans le cadre d’INFOLITTORAL nous avons tout d’abord réalisé une première analyse des besoins. Ce projet va bientôt se conclure par la mise en ligne d’un démonstrateur multiservices incluant notamment la cartographie du trait de côte et de sa dynamique. Dans BALIST (cartographie des petits fonds sur le littoral ), et, dans DDUST (service d’observation de l’érosion, de la reconstruction et de la conservation des dunes) l’objectif est de proposer pour juillet 2013 un démonstrateur opérationnel. A la demande du Conseil Régional et d’Aerospace Valley, le bureau d’étude (Capital High-Tech) doit expertiser le potentiel d’un marché national et international pour ces services.

Au niveau régional, nous proposons déjà des expertises basées sur l’analyse de données spatiales. Nous travaillons en particulier pour le Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon (SIBA?) et la mairie de Biscarosse. Ces études visent à identifier les évolutions de l’embouchure du Bassin d’Arcachon (du Cap Ferret au Wharf de la Salie) et du littoral au sud de l’embouchure, jusqu’à Biscarrosse d’une année sur l’autre.

Enfin, nous réalisons également des prestations de cartographie, comme dans le cadre du programme NATURA 2000, où l’AAMP (Agence des Aires Marines Protégées) nous a confié les travaux de cartographie des champs d’huîtres dans le bassin d’Arcachon, ainsi que le tracé de l’enveloppe des prés salés. Nous avons produit une carte intégrale des faciès bio-sédimentaires des estrans à marée basse de la baie de Marennes Oléron. Ce fond cartographique a été exploité par le laboratoire LIENSs de l’université de La Rochelle, en compléments de photographies aériennes et d’observations in situ, pour restituer la cartographie des habitats NATURA 2000.

Comment ces programmes voient-ils le jour ? A la demande des collectivités ? de l’Université ? ou autres ?

Les programmes les plus récents sont en majorité à l’initiative des collectivités locales et territoriales mais également des Établissements Publics ou semi publics comme l’Agence des Aires Marines Protégées, le BRGM? et IFREMER?. Ces organismes nous contactent directement dans certains cas. Parfois, ils contactent des partenaires proches qui proposent notre collaboration. Notre UMR (Unité Mixte de Recherche) de rattachement nous implique régulièrement dans ses propres projets de recherche. Des universitaires, des bureaux d’étude et entreprises sollicitent également notre expertise. En répondant en collaboration à des appels à projets et des marchés publics, nous promouvons notre savoir-faire.

GEO-Transfert travaille-t-il en collaboration avec d’autres partenaires sur le terrain ?

Oui, des partenaires nombreux, d’horizons divers. L’ Observatoire de la Côte Aquitaine en premier lieu qui nous fournit des données pour l’essentiel liées à la dynamique du trait côte, que nous exploitons dans les études d’évolution mais également pour valider nos méthodes de traitement. La DDTM (Direction Départementale des Territoires et de la Mer) d’Arcachon, qui met à disposition ses bases de données et nous a conduit sur le terrain dès que nous avons initié des travaux de reconnaissance des friches ostréicoles, IFREMER, avec lequel nous cherchons à mettre en œuvre un protocole de suivi des herbiers de zostères, le laboratoire EPOC, avec lequel nous entretenons des échanges particulièrement denses, sont tous des partenaires proches. Enfin, dans le cadre de marchés publics quelques missions sont organisées en collaboration avec les bureaux d’étude.

Pouvez-vous nous citer un exemple de programme aujourd’hui achevé par GEO-Transfert dont les résultats ont donné lieu à des mesures directes sur le terrain (aménagements, prises décisionnelles, …) ?

A Biscarrosse, le compte-rendu annuel de l’étude est discuté. Il permet d’aborder les options qu’il faut envisager concernant les habitations les plus à risque de la commune ainsi que les options de développement à proximité de la plage , notamment pour les installations estivales. Pour ce qui concerne le trait de côte à l’échelle de l’Aquitaine, c’est une donnée qui a été utilisée par la société SIRS pour la mise à jour, pour le compte du GIP? Littoral , de l’occupation du sol du SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale) Nord Médoc. Enfin, les mesures de recul du trait de côte (in situ et télédétection) ont alimenté la réflexion sur le schéma régional de gestion du recul du trait de côte , mais cela n’a pas encore été suivi d’effet en termes d’impact sur la prise de décision.
Ce savoir–faire est également valorisé hors région sur d’autres littoraux et doit contribuer à aider les gestionnaires dans leur prise de décision.

Quels sont les liens entre GEO-Transfert et l’Observatoire et ses partenaires ?

Les exemples développés ici montrent que les liens tissés entre GEO-Transfert et l’Observatoire sont étroits. Le BRGM et le SIBA sont des partenaires particulièrement actifs qui contribuent directement au développement de méthodes de surveillance, faisant émerger des besoins, finançant la réalisation des recherches, études et suivis, fournissant des données de terrain pour la calibration et la validation des méthodes de traitement d’images. Le Conseil Régional et Conseil Général de la Gironde financent des projets de R&D et des études de surveillance. Le BRGM et le SIBA sont également des experts thématiques très précieux pour l’articulation entre les besoins de surveillance et les dispositifs que la télédétection peut permettre de mettre en place.

Contacts :

GéoTransfert
http://www.geotransfert.epoc.u-bordeaux1.fr/

UMR EPOC 5805
Université Bordeaux 1
Avenue des Facultés
33405 Talence cedex
Tél. 05 40 00 83 28 - Fax 05 40 00 08 48

Virgine Lafon,
Chargée de mission à Géo-Transfert
v.lafon epoc.u-bordeaux1.fr

Eric MANEUX,
Responsable de la Cellule et du Pôle Qualité des Eaux
Animateur du DAS TVE du Pôle de Compétitivité mondial Aerospace Valley
e.maneux epoc.u-bordeaux1.fr