Réseau de Recherche Littoral Aquitain

Des satellites pour comprendre le littoral aquitain

Virginie Lafon est chargée de mission « télédétection » à GEO-Transfert. Elle travaille sur l’utilisation des images du littoral faites par satellites pour comprendre et suivre l’évolution des côtes. Nous lui avons posé quelques questions sur les projets en cours à GEO-Transfert.

Projet DDUST-Etude Cap Ferret
Projet DDUST-Etude Cap Ferret

GEO-Transfert œuvre dans le cadre du projet APSAT qui a pour objectif de démontrer l’efficacité et l’utilité de services satellitaires au service des collectivités par exemple, notamment pour observer le littoral et suivre son évolution. Où en sont actuellement les projets en cours ?
Nous terminons en ce moment les projets DDUST et BALIST. Pour chacun d’eux, nous proposons des démonstrateurs cartographiques du littoral.
Le projet DDUST vise à l’utilisation de l’imagerie satellitaire très haute résolution spatiale dans le suivi de l’érosion et de la submersion des dunes littorales. Le projet BALIST a pour objectif de reconstituer la bathymétrie littorale pour de petits fonds grâce à l’analyse et au traitement des images prises par différents types de satellites.

Ces projets concernent-ils uniquement l’Aquitaine ?
Les premières phases de recherche et de validation ont été réalisées avec des données provenant du littoral aquitain, principalement parce que nous pouvions disposer de nombreuses données, facilement accessibles, notamment grâce à l’Observatoire de la côte aquitaine et à la base de données Kalideos.
Les phases d’analyses et de tests sur chacun des projets ont ensuite pu bénéficier des données d’autres littoraux français (Vendée et Languedoc Roussillon) ou européens (Portugal, Espagne).

Quelle est la méthodologie pour mener à bien ces projets ?
Il s’agit avant tout de coupler les données mesurées sur le terrain des informations issues des images spatiales. Les résultats obtenus par traitement des images satellites doivent être validés. Les données, par exemple dans le cas du projet DDUST, relatives au trait de côte, c’est-à-dire à la limite plage-dune, sont contrôlées par des observations sur le terrain, ce qui permet de chiffrer la validité de la méthode. Dans le cas du positionnement du trait de côte, l’erreur sur la mesure par satellite est de + ou - 5 mètres, ce qui est un résultat plutôt satisfaisant.

Ces mesures complètent-elles les travaux de suivi du trait de côte réalisés par l’Observatoire de la côte aquitaine ?
Tout à fait. Dans le cadre de DDUST, il s’agit d’une approche complémentaire qui ne peut en aucun cas se substituer aux travaux de suivi réalisés sur le terrain par DGPS par l’Observatoire. Les résultats fournis par le traitement de l’imagerie satellitaire bénéficient aujourd’hui de ces données terrain pour valider les méthodes d’utilisation des images. Par contre, à terme, l’imagerie va constituer une méthode d’analyse de suivi du trait de côte plus rapide qu’une campagne de terrain (qui est suivie du traitement des données), comme par exemple pour faire un état du littoral lors d’une tempête.

Quel type de données pourra être fourni aux collectivités à la suite des traitements de l’imagerie satellitaire concernant le trait de côte (DDUST) ?
Deux axes ont été développés dans le cadre du projet DDUST : la qualification de la « vulnérabilité à l’érosion » des côtes et la « vulnérabilité à la submersion ».
Pour ce qui est de la vulnérabilité à l’érosion, GEO-Transfert sera en mesure de proposer une qualification de cette vulnérabilité. Ces résultats seront issus d’un croisement de données entre l’occupation des sols, le trait de côte et son évolution. On comprend aisément que cette vulnérabilité dépendra, dans les zones de recul, du type de côte affectée.
Pour ce qui est de la vulnérabilité à la submersion, nous avons d’abord travaillé en étroite collaboration avec les gestionnaires du littoral afin d’identifier leurs réels besoins. L’objectif était pour GEO-Transfert de définir le service pouvant être apporté. Nous en avons conclu qu’il était nécessaire de proposer des services adaptables à la demande des collectivités. La méthodologie proposée repose notamment sur un croisement entre les données de l’imagerie satellitaire et celles du Lidar.

Projet BALIST-Etude littoral sud Gironde
Projet BALIST-Etude littoral sud Gironde

Concernant à présent le projet BALIST, quelles ont été les avancées dans la méthode de restitution de la bathymétrie petit fond grâce à l’analyse des images satellites ?
Nous avons là aussi débuté par une analyse des besoins des utilisateurs de la bathymétrie littorale, complémentaire des travaux réalisés dans le cadre du projet INFOLITTORAL, essentiellement des gestionnaires (Nations Unies, Etats, agences environnementales et collectivités) mais également de nombreux professionnels (compagnies maritimes, exploitants de granulats, pêcheurs, etc.). Le constat était simple : l’attente était énorme.
Nous devions pourtant palier à un inconvénient de taille, celui de pouvoir réaliser des études bathymétriques par tous les temps. En effet, une couverture nuageuse constituait jusqu’alors une entrave à l’analyse correcte des images satellites.

Avez-vous pu trouver une méthode alternative permettant de s’affranchir des conditions météorologiques ?
Oui, nous avons repris des travaux antérieurs menés au sein de notre laboratoire (EPOC) par Vincent Marieu sur l’étude des crêtes de houle visibles sur les images satellites. A l’approche de la côte, la longueur d’onde des vagues diminue avec la profondeur. Ainsi, la morphologie sous-marine comprise entre 2 et 100 m de profondeur peut être calculée à partir d’une analyse approfondie de l’évolution de la houle en direction de la côte. Cette technique n’est pas applicable très près des côtes, ni à l’intérieur des estuaires et des lagunes, où des approches complémentaires sont exploitées. L’analyse des images satellitaires requiert des données de houle. Les profondeurs calculées, validées par des données de terrain sont précises à 10% près.

Les résultats de validation des projets DDUST et BALIST seront présentés en fin d’année lors de réunions de restitution.

A Bordeaux, le 10 juillet 2013

Pour en savoir plus :
GEO-Transfert
Contacts

RRLA? - Des chercheurs au coeur de la Société : thèmes et équipes

Le Réseau de Recherche Littoral Aquitain édite une brochure synthètique d’information destiné à un large public.

Ce document résume les objectifs et les projets du réseau et présente les thémes et les équipes de recherche travaillant sur le littoral Aquitain.

Les projets du RRLA se veulent à l’écoute des besoins sociétaux et économiques tout en cultivant un haut niveau d’excellence disciplinaire et en étant en cohérence avec les politiques scientifiques des organismes nationaux qui cadrent l’activité des équipes de recherche.

Centré autour d’un tableau, ce document répond à la question suivante : Quel théme pour quelle structure au sein de la Recherche en Aquitaine ?

Brochure recto -  PDF - 961.1 ko
Brochure recto
Brochure verso -  PDF - 680 ko
Brochure verso

Contacts :

RRLA :

Benoit Sautour, professeur, Université Bordeaux 1, Coordonnateur du RRLA
b.sautour epoc.u-bordeaux1.fr

Site internet du RRLA :
http://littoral.epoc.u-bordeaux1.fr/

OCEAN

Sabine Becquey, médiatrice sceintifique Environnements Océanographie / Paléoclimatologie
s.becquey ocean.asso.fr
Bérengère Papion, Médiatrice Scientifique Environnements
Géologie b.papion ocean.asso.fr

La Recherche Littorale en Aquitaine : les résultats de l’enquête 2009 sont en ligne…

Le RRLA (Réseau de Recherche Littorale Aquitain) a été sollicité par la Préfecture de Région (SGAR? Aquitaine), pour produire un rapport synthétique sur la recherche littorale en Aquitaine. Ce travail nécessitait une analyse des acteurs et de leurs savoirs faire. L’association Océan a été mandatée pour la réalisation de cette enquête.

Les objectifs de cette etude étaient d’identifier :

1- les équipes et leurs thématiques de recherche dans le dispositif de la recherche littoral en Aquitaine,

2- leurs savoir-faire,

3- les effectifs impliqués,

4- les relations entre les différents acteurs aquitains (équipes, laboratoires, organismes en charge de ces laboratoires, organismes financeurs, acteurs bénéficiaires de la recherche littorale : services, gestionnaires, associations d’usagers, PME, PMI),

5- les collaborations nationales et internationales, etc…

Ce rapport est dès à résent accessible et téléchargeable sur le site Internet du RRLA :
http://littoral.epoc.u-bordeaux1.fr/

Il sera complété par une plaquette de présentation à destination des élus et des gestionnaires du littoral aquitain ainsi que du grand public.

Contact :
Benoît Sautour, Professeur, EPOC?, Université Bordeaux 1, Coordonnateur RRLA
b.sautour epoc.u-bordeaux1.fr

Que savons-nous sur le Bassin d’Arcachon ? Un référencement des métadonnées environnementales est en cours !

Les écosystèmes littoraux aquitains sont l’objet depuis plusieurs années d’un nombre très important de programmes de recherche et d’études environnementales (mesures physiques, biologiques, climatiques,…).

Actuellement des programmes scientifiques (programmes de recherche pluridisciplinaires et en relation avec les préoccupations du monde socio-économique) sont mis en place.

L’ensemble de ces études fournit un nombre conséquent de données dont il apparaît nécessaire d’effectuer un recensement, entre autres, pour améliorer leur lisibilité et leur utilisation.

Que sait-on sur le Bassin d’Arcachon ? Dans le cadre d’une démarche entre le Réseau de Recherche Littorale Aquitain (RRLA) et l’Observatoire de la Côte Aquitaine, l’ensemble des métadonnées (renseignements sur les données environnementales collectées au cours des programmes de recherche) sur le Bassin d’Arcachon est actuellement en cours de recensement et de collecte.

Cette démarche a pour objectif de valoriser le patrimoine scientifique acquis par les chercheurs des laboratoires impliqués sur le Bassin d’Arcachon (UMR? Université Bordeaux1-EPOC / CNRS).

Une première mission d’une durée de trois mois est dédiée à la mise en œuvre de ce recensement qui s’inscrit dans un projet de création de plate forme d’un Système d’Information Environnemental.

Les métadonnées et leurs auteurs sont ainsi rassemblés sur un même support informatique, Géosource :http://adullact.net/projects/geocatalogue/.

Les métadonnées, présentées sous forme de fiches synthétiques, pourront être par la suite accessibles et consultables en ligne dans la rubrique « Recherche catalogue » sur le site de l’Observatoire de la Côte Aquitaine http://littoral.aquitaine.fr/carto/atlasoca/web/recherche/saisieAvancee.

Contacts :

Benoit Sautour,
Enseignant-Chercheur UBX1 (Professeur HDR)
Coordonnateur du Réseau de Recherche Littorale Aquitain – RRLA
b.sautour epoc.u-bordeaux1.fr

Elodie Bouchon,
Assistante en traitement de données biologiques
Responsable projet Métadonnées Bassin d’Arcachon
e.bouchon epoc.u-bordeaux1.fr

Sites :

Réseau de Recherche Littorale Aquitain :
http://littoral.epoc.u-bordeaux1.fr/index.php?pg=presentation

Documents à télécharger