Tempêtes de décembre 2013 et janvier 2014 : quels effets sur le littoral aquitain ?

Entre le 23 décembre 2013 et le 7 janvier 2014, plusieurs tempêtes ont touché les côtes atlantiques françaises, de la Bretagne aux Pyrénées. Elles ont provoqué des phénomènes d’érosion (recul du trait de côte et abaissement du profil de plage ) et de submersions marines (inondation temporaire par la mer), des dégâts matériels en front de mer (destruction d’accès de plage , fragilisation d’enrochements par chutes de blocs, endommagement de bâtiments, etc.), ainsi que 2 décès sur le pays basque.

Après ces événements, le réseau d’observateurs de l’Observatoire de la Côte Aquitaine (ONF?, BRGM?, SIBA?) s’est mobilisé pour initier un état des lieux du littoral aquitain.

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Erosion majeure au droit de l’immeuble Le Signal séparé du haut de falaise par 15m de dune . Effondrement de 3 anciens bâtiments du camping Sud (Soulac-sur-Mer, 07/01/2014, BRGM)

Un rapport synthétique vient d’être émis regroupant les observations recueillies jusqu’à fin janvier. Des observations et des relevés ont été effectués sur la quasi-totalité du littoral aquitain, hors estuaire de la Gironde : sur la côte sableuse, de la Pointe de Grave jusqu’à l’Adour, sur la côte rocheuse entre l’Adour et la Bidassoa et sur le Bassin d’Arcachon.
Les observations concernent différents types d’aléas en fonction du contexte : l’érosion côtière (recul du trait de côte et abaissement des plages), les submersions marines et les mouvements de terrain (glissements, affaissements, éboulements, chutes de blocs).

D’une manière générale, l’ensemble de la côte sableuse aquitaine a été fortement érodée à l’issue de ces tempêtes (recul du trait de côte dépassant 10 m sur de nombreux sites). Les plages se sont fortement abaissées et aplanies, limitant ainsi leur résistance aux assauts de l’océan. Cette fragilité est renforcée par la disparition temporaire des barres sableuses intertidales. Des submersions marines de faibles emprises se sont également produites au sein du Bassin d’Arcachon, dans les courants landais et sur la côte basque.

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Réparation des baies vitrées du casino de Biarritz détruites dans la nuit du 6 au 7 janvier durant la tempête Hercules (09/01/2014, BRGM) Affaissement généralisé des enrochements au départ du sentier littoral au Sud de la plage d’Erromardie (Saint-Jean-de-Luz, 09/01/2014, BRGM)

La dune littorale non boisée (y compris la lisière forestière) est à la fois un élément fort du patrimoine écologique et un ouvrage de défense contre les risques (érosions éolienne et marine). Les plages et les dunes ont été plus déstabilisées que lors du passage de la tempête Xynthia en février 2010 et Klaus en janvier 2009. Le cordon dunaire a encore joué correctement son rôle d’amortissement de l’érosion marine, et parfois de digue lorsque le cordon dunaire est étroit et précède des terres basses (cas peu fréquent en Aquitaine).

Ces tempêtes consécutives ont affaibli l’ensemble de la côte sableuse au niveau de la plage et de la dune littorale et ont notablement réduit la capacité de protection ultérieure, notamment dans le secteur du Médoc en Gironde.
Cependant, au moment de la parution de ce rapport, les conditions de tempêtes, de fortes vagues se poursuivent, générant de nouvelles érosions et dommages sur le littoral . L’Observatoire de la Côte Aquitaine est mobilisé et poursuit ses mesures et observations en vue d’une évaluation en fin d’hiver de l’ensemble de ces tempêtes. Des appuis scientifiques et techniques sont délivrés gratuitement aux communes qui en font la demande.

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Erosion de la dune directement au Sud du courant de Mimizan, dont le sommet fut atteint par les vagues (Mimizan, 08/01/2014, BRGM) Entaille d’érosion dunaire au droit du blockhaus (Ondres, 21/01/2014, BRGM)

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Rapport BRGM/RP-63182-FR -  PDF - 11.2 Mo
Rapport BRGM/RP-63182-FR

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