Un grand programme aquitain des eaux atlantiques : lutte contre les déchets marins

Programme régional d’actions contre les macro-déchets en Aquitaine Origine, quantité et localisation des macro-déchets

Bouteille plastique La côte aquitaine est soumise à l’échouage chronique de macro-déchets, n’échappant pas à une situation rencontrée au niveau mondial, à des niveaux variables.

Depuis 1992, 16 600 m3 de déchets sont ramassés en moyenne chaque année sur le littoral landais, avec un maximum de 25 155 m3 en 1994 (source : Conseil Général des Landes). Dans les Pyrénées-Atlantiques en 2004, 13 476 tonnes de déchets ont été ramassés sur les plages, 50 m3 dans la bande des 300 mètres et 14 tonnes entre 300 mètres et 3 milles nautiques (source : Syndicat Mixte Pour l’Entretien et l’Equipement Touristiques de la Côte et du Pays Basque).

L’étude menée par S.CARRERE (Laboratoire de Géographie Physique Appliquée - Université Bordeaux III) en 2001 fait état d’une quantité moyenne de déchets de l’ordre de 3 kg/mètre linéaire. Ce chiffre ne reflète toutefois pas la variation saisonnière et géographique importante des échouages.

Dans le golfe de Gascogne, les campagnes réalisées par IFREMER? entre 1992 et 1998 ont permis d’aboutir à une densité moyenne de déchets sur le fond de 1,42 déchets par hectare. Les variations géographiques et saisonnières sont là encore importantes, les concentrations les plus élevées sont rencontrées à l’embouchure des cours d’eau. C’est au niveau de l’embouchure de l’Adour que la densité maximale de déchets a été mesurée : plus de 50 débris à l’hectare.

Il n’y a en revanche pas d’estimation du nombre de déchets flottants dans le golfe de Gascogne. Par ailleurs, la présence « d’îles flottantes » de déchets n’a jamais été vérifiée.

Ces déchets sont d’origines diverses et proviennent :

  • de l’intérieur des terres, dans des zones parfois trés éloignées de la côte en étant véhiculés par les cours d’eau. Il s’agit de déchets issus d’activités domestiques, agricoles ou industrielles,
  • des décharges sauvages situées sur les berges des cours d’eau et sur le littoral ,
  • des abandons sur le littoral dans le cadre d’activités professionnelles ou de loisirs,
  • des rejets de navires.

A ces déchets manufacturés essentiellement en matière plastique, viennent s’ajouter des déchets d’origine naturelle : algues, bois, cadavres d’animaux. Même s’ils sont en partie issus du fonctionnement normal des écosystèmes, leur accumulation sur la plsge peut-être perçue comme une nuissance par les gestionnaires des espaces littoraux et leurs usagers.

Une fois en mer, ils dérivent au gré des vents et des courants avant de venir s’échouer sur la côte.

Mobilisation partenariale autour du ramassage et du traitement des déchets marins

La côte aquitaine est particulièrement sensible à cette nuisance de par sa position géographique au fond du golfe de Gascogne, la taille des bassins versants des cours d’eau y affluant (106 000 km2) et sa fréquentation touristique.

Face à cette situation, de nombreuses réponses sont mises en oeuvre par les pouvoirs publics locaux, qu’il s’agisse d’interventions devant le littoral (Syndicat Mixte Kosta Garbia, communes d’Anglet, Biarritz, Saint-Jean-de-Luz, Ciboure), sur le rivage (conseils généraux, communes littorales, …) ou en amont sur les cours d’eau (Institution Adour, Syndicat intercommunal de la Nivelle).

En 2001, le Conseil Régional d’Aquitaine a lancé un concours d’innovations sur le repérage et le ramassage des déchets en mer dans le golfe de Gascogne.

Une expérimentation technique a été menée avec la collaboration des marins pêcheurs aquitains pour ramener à terre les déchets pendant leurs campagnes de pêche.

A l’image de la lutte en mer pendant la marée noire du Prestige, c’est la multiplicité de moyens modestes sur une pollution disséminée qui confère à ce dispositif son efficacité maximale. En effet, la dispersion géographique des déchets flottants ne permet pas d’intervenir avec de gros moyens.

A l’issue de cette opération, les professionnels ont émis le souhait de voir se poursuivre ce dispositif de collecte-retraitement des déchets.
Le Conseil Régional a alors confié à l’Institut des Milieux Aquatiques de Bayonne la mise en oeuvre d’un programme régional d’actions sur les macro-déchets.

L’IMA?, structure d’étude, de conseil et d’assistance technique pour la pêche et l’aquaculture intervient également sur des problématiques environnementales et a proposé un projet portant sur la coordination et l’information sur ce problème.

Les objectifs du programme régional et les réalisations sont à suivre en cliquant sur Plus d’Informations.